Afrik’ actu : Face à l’intégrisme religieux : L’autorité de l’Etat est la seule arme

Au Burkina Faso, l’insécurité devient grandissante avec  les attaques terroristes récurrentes. Le vendredi dernier,  des  présumés  Jihadistes  s’attaquent  à des écoles et tuent des populations civiles dont un enseignant  dans le village de Kourfayel  près de Djibo, le Chef-lieu de  la province du Soum. Quelques jours  plus tôt, dans cette même province, deux commissariats de police subissaient des attaques revendiquées  par des  hommes armés se réclamant du mouvement Ansarul  Islam dirigé par le prédicateur radical  Ibrahim Malal  Dicko. Fin janvier, c’étaient des hommes armés qui menaçaient  des enseignants de la même région en leur intimant l’ordre d’abandonner le programme officiel au profit de l’arabe et du Coran.

En  prenant ainsi pour cibles, essentiellement  les forces de sécurité,  les camps et commissariats, les écoles et leurs enseignants, les mosquées et leurs imams traditionnels modérés, les mouvements terroristes-pseudo  jihadistes,  considérés à tort comme d’obédience islamique, démontrent clairement  leur  rejet  absolu  de toutes valeurs  et  symboles occidentaux  mais aussi  et surtout  l’autorité de l’Etat du Burkina.  Exactement comme procèdent depuis près de trois ans,  tous ces hommes  armés  qui font régner la terreur dans le centre du Mali  et qui assurent, à chacune de leurs descentes dans les villages, hameaux et villes  du centre du Mali, notamment dans le Delta central du fleuve Niger, qu’ils obéissent aux ordres de Hamadoun Koufa, leur guide.

Or face aux menaces d’Hamadou Koufa, les autorités maliennes et les forces étrangères (Barkhane  et Minusma) qui opèrent au Mali,  sont quasiment  restées impassibles.  Toute chose  qui a favorisé  depuis déjà trois ans dans cette zone,  la non fréquentation des écoles, centres  de santé et l’absence de l’administration générale.  D’où,  la  non distribution des services  sociaux de base  aux populations locales  vivant  dans toutes les localités du Delta. En l’occurrence  dans des  villes de Ténenkou, Youwarou, une bonne partie des  cercles  de Djenné et de Ké-Macina  qui  échappent à l’autorité de l’Etat malien.

Une situation qui  remet  malheureusement  les populations  locales  aux mains de ces hommes sans foi ni loi qui n’hésitent plus à tuer à visage découvert et de sang-froid.  Ce, jusque dans les maisons, les mosquées et lieux de travail. Désormais réduites au silence et à la peur, ces populations ne vaquent plus correctement à leurs occupations et sont assujetties au paiement d’impôt par ces mouvements pseudo jihadistes, pour garder leur vie sauve.

Pour parer à ce chaos ambiant dans les deux pays confrontés à l’intégrisme religieux et à l’obscurantisme, les autorités malienne et burkinabè devront  réoccuper le terrain partout où elles sont absentes et renforcer leur présence militaire. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. De même qu’elles devront,  plus que  ne jamais, contrôler les prêches faits par les imams.  Des actes et précautions qui  permettront   de sécuriser les populations et leurs biens,  de les mettre en confiance mais aussi d’empêcher qu’elles soient endoctrinées.  Mais,  afin que nos populations puissent reprendre normalement leurs activités socioéconomiques, nos Etats devraient surtout  les soutenir  financièrement  pour contrecarrer les projets économiques proposés par les obscurantistes  religieux.

Gaoussou Madani Traoré

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