Cheickna Bounajim Cissé, Auteur du livre ‘’Construire l’Emergence’’ : « Nous avons tourné le dos au développement et à l’émergence »

« Il va falloir attendre 10 ans pour que le Mali puisse atteindre le niveau de développement du Maroc et 75 ans pour atteindre celui du Nigeria». Ces propos sont de Cheickna Bounajim Cissé, auteur du livre ‘’Construire l’Emergence, un pacte pour l’avenir’’. C’était le 17 décembre 2016 lors du lancement dudit ouvrage à l’Hôtel Radisson.cheickna-cisse-01
C’est un éminent auteur qui a tenté de convaincre une salle remplie de ministres, anciens ministres, hommes politiques, chercheurs, économistes et financiers. Conscient de son combat, celui de l’émergence de notre pays, Cheickna Bounajim Cissé a précisé dans son introduction, qu’en matière de développement économique, il n’y a pas de miracle. « Oui, nous avons tourné le dos au développement et à l’émergence. Il va falloir attendre 10 ans pour que le Mali puisse atteindre le niveau de développement du Maroc et 75 ans pour atteindre celui du Nigeria. Je prends un exemple sur le Botswana. C’est un pays qui a 70% de son territoire désertique comme le 1/3 du Mali. Mais contrairement à notre pays, le Botswana est un modèle en Afrique. Il est devenu émergent depuis 1992 en créant sa propre monnaie. De même, le Botswana n’a aucun programme financé par le Fonds Monétaire International», a-t-il déclaré.
Selon Cheickna Bounajim Cissé, le Mali ne peut pas se développer en luttant seulement contre la corruption. «Nous pouvons faire en sorte de réduire la corruption car l’élimination de cette pratique a des impacts négatifs sur l’engagement des travailleurs dans leurs missions. Ce qu’il faut, c’est de créer la richesse à travers la création d’emplois », a-t-il ajouté.
Pour réduire la corruption et mettre le Mali sur la voie de l’émergence, Cheickna Bounajim Cissé pense qu’il faut élaborer un programme qui s’étalera jusqu’en 2030. « Les régimes successifs peuvent y ajouter leurs touches, mais le cap de ce programme doit rester intouchable. Je ne suis pas pour la rupture. Car, elle a un coût. Il faut seulement réformer structurellement le fondement de l’Etat », a-t-il déclaré.
Pour un meilleur développement économique de notre pays, l’auteur propose un contrat-plan avec le secteur bancaire. Il s’agit, entre autres, de faire évoluer l’approche risque des banques, créer une banque publique d’investissement, favoriser les médiations bancaires, promouvoir l’éducation financière, créer des incubateurs d’entreprises, promouvoir la finance islamique et enfin mobiliser le fonds des migrants pour le financement du développement.
S’agissant de la gouvernance, il invite les autorités compétentes de notre pays à rompre avec l’impunité et à récompenser la probité morale. Publié en octobre 2016 à la maison d’éditions Allemande ‘’Books on Demand’’, cet ouvrage de 736 pages est une invitation à bâtir ensemble un Mali émergent.
Ousmane Ballo

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