Combat pour l’opérationnalisation de neuf autres nouvelles régions : Les CNJ locaux en passe de rejoindre le CRNOP

Le Collectif des régions non opérationnelles (CRNOP), dans le but de s’unir afin de plaider pour l’application de la loi n°017 du 2 mars 2012  qui érige  certaines localités en région, a tenu une rencontre à Kita sur la demande de son bureau local. C’était le samedi 25 mars 2017 en présence des représentants de toutes les localités concernées.

Le CRNOP composé de Nioro, Kita, Nara, Dioïla, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara, est déterminé à se faire entendre au sujet de la loi n°017 du 2 mars 2012  qui érige  en région ces localités. Les responsables du collectif dénoncent le silence du gouvernement après la déclaration de Bougouni dans laquelle, ils mettaient en garde les autorités sur les conséquences que la non application de cette loi pourrait engendrer sur les élections futures.

Ils étaient nombreux, ceux qui ont fait le déplacement, y compris les militants de Douentza qui ont parcouru plus de mille kilomètres. Si au mois de février dernier, ils étaient à Bougouni pour une déclaration commune, cette fois-ci à Kita, ils ont adressé une lettre ouverte au Président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta. Ils ne cachent pas leur déception face au mutisme de l’Etat après la déclaration de Bougouni.

Au cours de cette rencontre, chaque localité s’est dite prête à s’abstenir de participer aux élections locales et régionales à venir si ses revendications ne sont pas prises en compte.

Malgré ce silence radio, le collectif entend mener son combat. Ses responsables ont décidé de prendre le devant. A en croire Sambou Mariko, président du bureau local du CRNOP de Bougouni, les choses bougent à Bougouni depuis la déclaration de février. « On a déjà fait le découpage en cercles et en arrondissements. Idem pour Koutiala », explique-t-il. Et Sambou Mariko d’ajouter que Bougouni rencontrera très prochainement tous ses hommes politiques pour aborder la question. Le collectif a reçu le soutien du réseau ‘’Joko ni Maya’’, par la voix d’Ousmane Tandja qui a appelé à rester  souder.

La jeunesse n’entend pas rester en marge de cette revendication. C’est pour cela que le président du bureau local du Conseil National de la Jeunesse, Salif B. Tounkara, a affirmé que si rien n’est fait, tous les jeunes des localités concernées vont se donner la main pour battre le pavé.

Pour le président du CRNOP, Mamba Coulibaly, il ne s’agit pas de prendre des fusils, mais on usera des moyens légaux pour se faire entendre. Parmi les actions prévues, il a mentionné la non-participation desdites localités aux élections futures.

Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, le collectif demande avec insistance et fermeté le découpage desdites régions en cercles et la détermination des arrondissements de leurs ressorts respectifs et ce, avant la tenue des élections locales et régionales programmées.

 Drissa Togola

 

Lettre ouverte au Président de la République

A Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Kéita, Président de la République du Mali, Chef de l’Etat

Objet : demande de découpage et de nomination des gouverneurs du reste des onze nouvelles régions créées en mars 2012.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous, populations des régions administratives créées par la loi n°017 du 2 mars 2012 non opérationnelles, à savoir Nioro, Kita, Nara, Dioïla, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara, réunies le 25 février 2017, au stade Sakoro Mery Diakité de Bougouni, avons adressé au gouvernement de la République du Mali, une lettre de revendication dénommée ‘’déclaration de Bougouni’’. A travers cette déclaration, nous demandions avec insistance et fermeté le découpage desdites régions en cercles et la détermination des arrondissements de leurs ressorts respectifs et ce, avant la tenue des élections locales et régionales programmées.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, il y a aujourd’hui un mois jour pour jour que cette déclaration a été faite et nous n’avons ni reçu une suite, ni enregistré une quelconque réaction du gouvernement, toute chose qui atteste d’un manque d’intérêt avéré pour notre sollicitation.

Considérant, Excellence Monsieur le Président de la République et garant de la constitution, qu’une application discriminatoire de la loi n°017 du 2 mars 2012 a été faite en faveur de deux régions  sur onze à savoir Taoudénit et Ménaka, nous venons par la présente solliciter avec indulgence et déférence votre implication personnelle afin que soit appliquée la loi conformément à la Constitution du Mali. Nous vous prions, Excellence Monsieur le Président de la République de croire en l’expression de notre plus haute considération.

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