Fin de la conférence d’entente nationale : Les résultats des commissions de travail

Après 5 jours de concertation, les trois commissions de travail, à savoir la commission de réconciliation, celles de la paix et de l’unité ont fait la restitution de leurs travaux, ce 1er avril 2017, au Président de la conférence d’entente nationale, Baba Akhib Haïdara, en présence des partenaires techniques et financiers et de plusieurs personnalités de la République.

Au cours de cette cérémonie de restitution des travaux, le mot ‘’Azawad’’ était devenu une source de polémique. Pour cause, il n’y a pas eu un consensus autour de son appellation et le sens à lui donner. Si certains participants trouvent que l’Azawad ne peut et ne doit être qu’une entité socioculturelle comme le Wassoulou, le Djitoumou ou le Baniko de Dioïla, les représentants de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) pensent que cet espace doit avoir un sens politique.

Avant l’ouverture de la séance, nous avons interrogé Abdoul Ag Matafa, membre de la CMA sur le sujet. Pour lui « L’azawad a un contour culturel, politique, administratif et mémorial qu’il faut respecter. Car, cela a été accepté depuis 91-92 lors de la signature du pacte national ». Pendant les discussions, une dame a pris la parole pour préciser : « Nous, populations de Kidal, nous ne sommes pas d’accord avec la connotation de l’Azawad en tant qu’Etat ».

La charte de la paix enterrée

Pour l’instant rien n’est clair. Si les consultations ont été menées dans plusieurs localités du Mali et dans les camps de réfugiés avec comme promesse l’élaboration d’une charte de la paix, il en a été autrement durant les travaux. Mieux, aucun rapport n’aborde cette charte, même si le Président de la conférence avait réorienté les débats lors de la cérémonie d’ouverture en affirmant qu’il s’agissait plutôt d’élaborer les éléments d’une charte de paix.

La Commission de réconciliation, dans son rapport, pense plutôt qu’il faut d’abord demander pardon aux victimes. Une fois que cela est accepté, le processus de la réconciliation peut démarrer. Dans cette  démarche,  la commission, dirigée par le ministre Mohamed El Moctar, propose l’organisation des rencontres intercommunautaires afin d’instaurer la paix et la libre circulation. Elle déplore également le retard dans la mise en œuvre du processus du désarment, démobilisation et réinsertion (DDR) prévu dans l’accord de paix.

Toutefois, la commission recommande la promotion des valeurs de liberté, de justice et d’équité. Il s’agit aussi de régler les différends entre les groupes armés pour le retour des réfugiés dans les régions du nord; la mise en place d’un fonds pour le développement des régions du sahel; la criminalisation de toutes les revendications par la violence et par les armes et enfin le renforcement de l’autorité de l’État sur tout le territoire national.

Négocier avec Iyad Ag Ghali

Dans le rapport de la Commission paix, il ressort que la mauvaise gouvernance et la corruption sont à la base de tous les conflits au Mali. Pour ce faire, la commission dénonce la multiplication des groupes armés. Ainsi, elle recommande l’accélération de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Elle estime également pour qu’il y ait une paix durable, que l’Etat doit négocier avec  Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement djihadiste malien, Ansar Eddine, tout en préservant le caractère laïc du pays.

La dernière Commission, celle de l’unité nationale, prône une volonté de vivre ensemble et d’acceptation de l’autre avec ses qualités et ses défauts.  Pour une paix durable, la commission demande l’arrêt de la prolifération des associations à caractère ethnique. Aussi, elle demande un vrai jumelage et un brassage entre tous les Maliens. Selon cette commission, le Mali doit réécrire et enseigner l’histoire de toutes les régions dans les écoles et centres d’apprentissage. Elle recommande également la mise en œuvre rapide de l’accord de paix et de réconciliation ; l’institutionnalisation de la conférence d’entente nationale; l’organisation des caravanes culturelles pour la communication et la sensibilisation des populations sur le contenu de cette conférence.

Ousmane Ballo

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