Le Mali sombre dans les crises : Le silence de la société civile alimentaire

Le Mali sombre dans les crises interminables pendant que la société civile observe un silence déconcertant. Actuellement le pays est en proie à des crises caractérisées par des grèves illimitées de la santé et des enseignements sans oublier le grincement de dents des autres secteurs. Bref, le pays est en ébullition.

En premier lieu, la grève illimitée des agents de la santé a paralysé toutes les structures sanitaires du Mali. Par conséquent, les pauvres payent le plus lourd tribut car leurs morts se comptent quotidiennement. En général, les Maliens n’ont pas d’autres recours que de maudire les dirigeants et les médecins assermentés. Chaque jour a son lot de morts dans nos hôpitaux, faute de soins avec la grève illimitée. Tout le monde se contente de déplorer la situation dans les grins ou sur les antennes des radios privées. Entre temps, les malades souffrent, les parents des malades sont meurtris. Témoin, le cas de Aboubacar Traoré, victime d’une balle tirée par des bandits, qui a quitté  son lit d’hôpital pour se soigner chez lui car il ne trouvait pas un seul infirmier pour s’occuper de son pansement. « Après l’opération, nous avons eu de la peine à trouver un infirmier pour faire le pansement. Au lieu de rester à l’hôpital sans soins, nous sommes rentrés à la maison pour nous débrouiller avec  certains agents de santé dans notre quartier », déplore-t-il. Au même moment, les nantis, les dirigeants et les privilégiés se soignent dans les cliniques privées. Tant pis pour le pauvre, la majorité écrasante de la population malienne.

Comme une épidémie, les enseignants du secondaire et du fondamental sont rentrés dans la danse en décrétant aussi une grève illimitée. Cependant, eux se sont distingués à travers une marche pacifique le mercredi dernier, pour se faire entendre. Face à cette situation de crispation, la société civile censée servir de contre-pouvoir au gouvernement, reste muette comme une carpe. Dans d’autres pays comme le Burkina Faso ou le Sénégal, la société civile s’est toujours mise  en première ligne pour dire non au gouvernement.  La nôtre au  Mali, se contente de satisfaire ses besoins alimentaires.  Elle n’est active que dans les ateliers, réunions et colloques  pour se taper des perdiems, mais reste absente quand il s’agit de défendre les populations.

Soulignons que certains membres de la société civile ont amusé la galerie en s’affichant dans des visites au niveau des hôpitaux sans prendre aucune mesure. Le samedi dernier, la société civile de la commune 1 s’est limitée à charger l’Etat comme responsable des maux dont souffre la population.

 Modibo L. Fofana

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