Reprise de la culture du sorgho et du petit mil à Sikasso : La semence hybride, un espoir pour les paysans

La mission de supervision du Projet à grande échelle des Technologies d’Africa Rising (ARD) pour les systèmes sorgho et petit mil a visité les champs de démonstration dans la zone CMDT de Sikasso après Koutiala. A la tête d’une modeste délégation, Gaoussou Coulibaly, l’agronome et technicien de recherche du projet ARD en compagnie de Sidi Bouaré, le pathologiste et technicien de recherche (ARD), s’est rendu dans les champs de démonstration dans les zones CMDT à Sikasso et Kadiolo. Ce mardi 20 septembre 2016 les champs de démonstration du village de Tambarako, commune de Klena, cercle de Koutiala ont été visités. champs-a-bougouni-01
Nous sommes dans le champ de Mignégue Bengali qui a cultivé un demi-hectare de la semence hybride « Grinkan Yerelo » en comparaison d’un autre champ de la même superficie où est cultivée la semence locale « Kalanapo ». Dans son champ de démonstration, ce jeune paysan témoigne du développement rapide de la semence hybride comparativement au champ habituel. A sa deuxième année d’expérience, le paysan constate un bon rendement de la semence hybride des chercheurs de l’ICRISAT. « Grâce à la semence hybride, nous oserons reprendre la culture du sorgho et du petit mil dans nos champs », déclare-t-il.
A quelques kilomètres se trouve le champ de Kalifa Dembélé où la semence hybride « Pablo » sur un demi-hectare fait ses preuves. Cette variété de semence améliorée séduit M. Dembélé pour son développement rapide. Mais aussi ses feuilles et ses tiges servent d’aliments bétails. « Nous avons remarqué que nos bétails prennent goût à brouter les feuilles de la nouvelle semence hybride » ajoute-t-il. Dans la commune de Korobarrage située à une centaine de kilomètres de Koutiala, les champs de démonstration de Seydou Dembélé à Sougoula ont été l’objet de la visite de l’équipe de l’ICRISAT. Seydou Dembélé a opté pour la semence « Soumalenba », une variété lente de croissance mais résistante à la sécheresse, d’après Gaoussou Coulibaly. D’où la motivation de Seydou Dembélé à choisir cette semence améliorée qui donne plus de graines que la semence locale. Le lendemain mercredi 21 septembre, notre équipe s’est rendue dans la zone CMDT du cercle de Kadiolo vers la frontière ivoirienne pour prendre langue avec les paysans dans les champs de démonstration. Dans cette localité, la délégation était conduite par Brema Diarra, agent de la CMDT sur place avec son chef hiérarchique Bourama Diarra. La visite a commencé par le champ de démonstration d’un jeune paysan du nom de Wanou Sylla. C’est la semence Gringa Yerewolo qu’il cultive pour sa deuxième année. Selon lui, c’est une semence qui donne plus de rendement que la semence locale. En plus, sa culture est facile avec les engrais complexes et l’urée. Il est du même avis que Zié Ouattara qui a également cultivé gringa yerewolo à Katela. A quelques kilomètres seulement, se trouve le champ de Bakary Sanogo qui cultive la semence « Soumbalenba » en comparaison de sa semence locale « seguetenin ».
Tous les paysans interrogés sur l’évolution de ces céréales à base de semences hybrides et améliorées se disent satisfaits quant à leurs rendements. Mais ils expriment leur inquiétude pour la conservation de ces semences et son accès. En réponse, le technicien de recherche, M. Coulibaly, les met en confiance par rapport à la disponibilité des semences au niveau des coopérations des producteurs dont eux-mêmes sont membres. « Au-delà des champs de démonstration, nous avons formé des paysans pour faire des champs de production de semences. Les semences hybrides Fada, Pablo, Sewa, Gringa Yerewolo sont des combinaisons de semences mâles et femelles. Pour mieux avoir les rendements, il est impératif d’acheter les semences hybrides chaque année auprès des semenciers certifiés par l’Etat.
Mais avant, il explique aux paysans les comportements de ces semences hybrides jusqu’à la consommation. Les femmes de Kadiolo ont même témoigné que les plats à base de ces semences sont délicieux malgré la couleur qui est parfois terne. Le pathologiste de l’ICRISAT, Sidi Bouaré explique aux paysans les différentes maladies des plantes. Liant la théorie à la pratique, le pathologiste arrache deux ou trois feuilles infectées ou contaminées pour en expliquer les causes et conséquences. Bon nombre de paysans restent interloqués car ne sachant pas que ces maladies étaient si graves pour leurs productions. Par ailleurs, les paysans témoignent que les nouvelles semences résistent mieux à la maladie que les semences locales. Signalons que la réussite de ces semences hybrides n’empêche pas les paysans de faire une grande production avec les semences locales. Dans cette localité, les paysans ont dépassé la phase de démonstration pour la vulgarisation. Signalons à cet effet que la zone de Koutiala, voire la région de Sikasso, focalise les producteurs de coton et de maïs par excellence.
Modibo Fofana*envoyé spécial*

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest