Reprise des hostilités entre GATIA et CMA : Retour à la case départ

La ville de Kidal reste l’enjeu principal du conflit inter-malien. La bataille entre les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et ceux du Groupe d’autodéfense Touareg Imghad et alliés (GATIA), pour le contrôle de cette ville, met en péril le processus de paix enclenché il y a plus de deux ans. Les armes ont de nouveau crépité la semaine dernière, entre ces deux groupes, violant pour la énième fois le cessez-le-feu.
La CMA et le GATIA ont de nouveau fait parler les armes. Les deux groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, se sont affrontés mercredi dernier, pour le contrôle de la ville de Kidal. Les combats violents qui ont causé de lourdes pertes de part et d’autres, se sont déroulés dans certaines localités environnantes de Kidal.
Dans un communiqué, la Plateforme des mouvements du 14 juin accuse la CMA d’avoir attaqué ses positions de Takaloute, Koniba, Tiwraghene et bien d’autres, toutes dans la région de Kidal, de façon quasi-simultanée. « La Plateforme pense que ces malheureux évènements sont orchestrés dans le seul dessein de compromettre les initiatives issues de la rencontre CMA-Gouvernement-Plateforme du 23 juin dernier, laquelle rencontre a initié un chronogramme pour l’installation du MOC ainsi que le retour du gouverneur, des autorités intérimaires et des services sociaux de base dans la région de Kidal », affirme Sidi Mohamed Ould Mohamed de la cellule de communication du groupe armé proche de Bamako.
Quant à la CMA, elle affirme avoir mené ces combats après plusieurs tentatives pour aboutir à un cessez-le-feu avec la Plateforme qui, selon elle, a toujours opposé une fin de non-recevoir, dans l’objectif certainement d’occuper de nouvelles positions et d’encercler la ville de Kidal pour la rendre inaccessible.
Comme à l’accoutumée, les deux belligérants se rejettent la responsabilité de la violation du cessez-le-feu.
Les indépendantistes de la CMA, responsables de cette escalade, entendent faire, contre l’esprit de l’accord, de nouvelles conquêtes. Le vendredi 28 juillet, ils se sont emparés de la ville de Ménaka sans combattre, selon des habitants joints par Studio Tamani. Quant à l’armée malienne, elle reste cantonnée. Ces hostilités qui risquent, si rien n’est fait, de se généraliser, menacent sérieusement le processus de paix et signent le retour à la case départ.
Le manque de sanction encourage la belligérance
L’impunité face aux nombreuses violations répétées du cessez-le-feu est une responsabilité de la communauté internationale, notamment la France. Interrogé sur cette question lors de la dernière conférence le 18 juillet dernier, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et Chef de la Minusma, M. Mahamat Saleh Annadif, avait indiqué que le processus est très compliqué. « Nous sommes sur le terrain et si vous lisez les Résolutions de la MINUSMA, à chaque fois on nous rappelle que nous devons coopérer avec le Comité qui est chargé des sanctions aux Nations Unies. Nous sommes sur le terrain, nous observons, nous avons des équipes de vérification, nous avons des équipes d’observation, nous rendons compte au Conseil de sécurité et au-delà à son Comité de sanctions et à tous les pays pris individuellement. Et cela se décide à ce niveau. Ce n’est pas une incapacité. Vous le voyez, il y a des sanctions quand même qui s’appliquent dans un certain nombre de pays. Le Mali ne peut pas faire exception. Si des sanctions ne sont pas encore prises, c’est que la porte des discussions demeure ouverte. Et bien sûr si un jour, il n’y a plus de dialogue, plus de discussion, plus d’espoir pour avancer, je suis absolument certain que les structures qui y sont dédiées prendront les sanctions nécessaires », s’était-il contenté de dire.
Daouda T. Konaté
Source: Le Challenger

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