Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat du G5 Sahel avec la France : Le Président Macron annonce le lancement de l’alliance pour le Sahel

Le Président de la République française, Emmanuel Macron, a annoncé hier lors du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat, le lancement de l’alliance pour le Sahel, une coalition des partenaires volontaires pour agir sur le terrain à travers des actions concrètes.
La salle de Banquet du Palais de Koulouba a abrité, hier 2 juillet 2017, le sommet extraordinaire du G5 Sahel avec comme invité d’honneur, le Président de la République française, Emmanuel Macron. En plus du Président Ibrahim Boubacar Kéïta, ce sommet de Bamako a enregistré la présence des Présidents Idriss Déby Into du Tchad, Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Mahamadou Issoufou du Niger, Marc Rock Christian Kaboré du Burkina Faso. L’honneur est revenu à Ibrahim Boubacar Kéïta, Président en exercice du G5 Sahel, de souhaiter la bienvenue à ses homologues et à leurs délégations.
Dans son discours, l’invité d’honneur de ce sommet, le Président français a annoncé qu’il a décidé de poursuivre l’engagement de son prédécesseur en faveur de la lutte contre le terrorisme. Derrière le G5 Sahel, a-t-il affirmé, il y a un dynamisme et un mouvement profond que la France est fière de soutenir. A en croire Emmanuel Macron, la sécurité de l’Afrique et une partie du monde se joue au Sahel. Selon lui, les attaques terroristes doivent renforcer la détermination commune à lutter contre le terrorisme. « Nous avons à affronter des terroristes, des voyous, des assassins dont nous devons oublier les visages et les noms », a martelé le Président Macron. Pour lui, c’est la complémentarité des actions qui fera la différence dans la lutte contre le terrorisme. Il s’est réjoui de la résolution 2359 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Force Conjointe du G5 Sahel. « J’ai souhaité que la France accompagne la création de cette Force conjointe », a-t-il souligné en faisant savoir que cette force ne va pas se substituer à la Force Barkhane et à la Minusma. La Force Barkhane viendra en appui aux soldats du G5 Sahel à travers une série d’actions. Emmanuel Macron a fait savoir que la France consacre 50% du budget de sécurité et de coopération au Sahel. Aux chefs d’Etat, le Président français a été clair : « C’est à vous et à vos armées de convaincre les partenaires. Les résultats doivent être au rendez-vous pour mobiliser les partenaires ».
Pour lui, le retour à la paix au nord du Mali passe par la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Il a mis un accent sur le désarmement des combattants et leur intégration, le retour de l’administration et la décentralisation. Il a insisté sur les actions de développement, de la bonne gouvernance pour gagner la paix. « Je ne peux pas me cacher derrière les mots. Je veux des actes », a-t-il souligné. Il a annoncé que la France va accorder dans les cinq ans à venir 200 millions d’euros aux pays du Sahel. Aussi, il a annoncé le lancement de l’alliance pour le Sahel, une coalition des partenaires volontaires pour agir sur le terrain à travers des actions concrètes.
Selon IBK, le G5 Sahel est un regroupement de solidarité et de mutualisation des efforts par rapport aux défis communs. Les populations, dit-il, souhaitent vivre dans un environnement paisible. Ce sommet, a expliqué IBK, a un double objectif : faire le point des actions de défense et de sécurité engagées pour faire face aux menaces sécuritaires qui subsistent dans l’espace sahélien, identifier les pistes d’un partenariat plus robuste avec la France, axé sur des investissements stratégiques et des financements prioritaires en vue de faire du Sahel un espace de paix, de stabilité et de développement. « Notre objectif, ici et maintenant, est de jeter les bases d’un partenariat rénové axé sur le triptype Sécurité-Développement-Gouvernance »
De l’avis d’IBK, la situation sécuritaire dans le sahel est caractérisée par une sédimentation de la menace terroriste qui s’appuie sur des ramifications transfrontalières. « La nature en réseau de nos espaces et l’homogénéité identitaire de nos pays, en particulier dans les zones transfrontalières sont, hélas devenues, autant de facteurs favorisant une métastase de la menace et l’expansion territoriale des groupes terroristes dans notre région ».
La recrudescence des attaques terroristes, les trafics de tous genres font peser de graves menaces sur la paix et la stabilité dans le sahel. « Cette situation menace l’existence de nos Etats et la cohésion sociale ». Selon IBK, le mandat de la Force conjointe du G5 Sahel porte principalement sur quatre points. Il s’agit de combattre le terrorisme, le trafic de drogue, les trafics d’êtres humains en vue de créer un environnement sécurisé en éradiquant l’action des terroristes et des groupes criminels organisés afin de restaurer la sécurité et la paix conformément au droit international ; contribuer à la restauration de l’autorité de l’Etat et au retour des personnes déplacées ou réfugiées ; faciliter dans la limite de ses capacités, les opérations humanitaires et l’acheminement de l’aide aux populations affectées ; contribuer à la mise en œuvre des actions en faveur au développement dans l’espace du G5 Sahel.
Il a exprimé la satisfaction des Chefs d’Etat pour l’adoption à l’unanimité de la Résolution 2359 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui salue le déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel. Il a salué le rôle déterminant de la France et l’engagement personnel du Président Macron dans le processus de négociation et d’adoption de cette résolution. Il a aussi remercié le Secrétaire général de l’ONU et le Président de la Commission de l’Union Africaine pour leur soutien constant en faveur de la mise en place de cette force conjointe. « Je sais que nous pouvons continuer de compter sur l’appui de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux pour l’opérationnalisation rapide et le fonctionnement efficient de cette Force Conjointe. A cet égard, nous avons hâte de travailler sans tarder à l’organisation de la conférence de planification des contributions des partenaires, prévue par la Résolution 2359 du 21 juin 2017 », a-t-il formulé.
Pour ce qui concerne la situation intérieure, IBK a souligné que le train de la paix avance avec assurance et confiance. « La paix est pour toutes les Maliennes et tous les Maliens, une option stratégique à laquelle il n’y a nulle alternative », a-t-il fait savoir.
A la fin des travaux, une déclaration finale a été adoptée dans laquelle les pays du G5 Sahel lancent un appel pressant à l’ONU pour un soutien fort à la Force Conjointe dont le quartier général sera installé à Sevaré (Région de Mopti). Le Président Macron a appelé à une accélération de l’installation de cette force de lutte contre le terrorisme.
La force conjointe du G5 Sahel a besoin d’un budget total de 423 millions d’euros dont 50 millions disponibles à travers les fonds de l’Union Européenne. Chaque pays du G5 Sahel doit apporter une contribution de 10 millions d’euros environ 6 milliards de FCFA.

Coulisses
IBK : « Je ne vais pas retirer le projet de révision constitutionnelle »
Le Président de la République, lors de la conférence de presse avec son homologue français, a souligné qu’il ne va pas retirer le projet de révision constitutionnelle contesté par une partie du peuple. Selon lui, le retrait de ce texte est synonyme d’une trahison de sa part.
Le Président Macron soutient le Président IBK dans la mise en œuvre de l’Accord
Le Président Macron a déclaré qu’il ne lui appartient pas de se prononcer sur un sujet interne relevant de la souveraineté de l’Etat du Mali. Faisait-il allusion à la révision de la Constitution ? Difficile de le dire. Toutefois, le Chef de l’Etat français a réaffirmé son soutien à IBK pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Pour Macron, les mois de juillet et d’août seront décisifs dans la mise en œuvre de l’Accord.

Des fouilles minutieuses
La sécurité était au top lors de ce sommet. Pour avoir accès à la salle des Banquets où se tenait la cérémonie d’ouverture, il faut montrer pattes blanches. Des agents de sécurité de la Présidence de la République procédaient à des fouilles minutieuses de tous les participants à l’exception de quelques VIP.
Un contingent de journalistes français
L’invité d’honneur de ce sommet a mobilisé la grande armada médiatique pour de ce déplacement à Bamako. Le Président Emmanuel Macron était accompagné par un véritable bataillon de journalistes. Certains médias comme France 24, ont retransmis en direct l’intervention du nouveau locataire de l’Elysée.
L’ORTM déploie de gros moyens
L’Office de Radio et Télévision du Mali (ORTM) a déployé de gros moyens pour assurer une meilleure couverture de l’événement. En plus de la retransmission en direct de la cérémonie d’ouverture et de la conférence de presse, une grande équipe de Bozola était sur le terrain. Comme à ses habitudes, le Directeur général de l’ORTM Sidiki N’Fa Konaté était à côté de ses hommes.
IBK : « Macron, un grand homme du 21ème siècle »
Dans son discours de bienvenue, le Président IBK n’a pas tari d’éloges à l’endroit du successeur de François Hollande. Pour le Président en exercice de la conférence des chefs de l’Etat du G5 Sahel, le plus jeune Président dans l’histoire de la 5ème République française est « un grand homme du 21ème siècle. …Un grand homme du 21ème siècle nous est arrivé… », a-t-il souligné.
Le Président oublie mais rectifie le tir
Après sa deuxième intervention, le Président IBK a oublié de déclarer ouvert le sommet. Les Chefs d’Etat ainsi que d’autres invités avaient commencé à quitter la salle. Il s’en est vite rendu compte et a fait appel à ses homologues. Avec un peu d’humour, il a déclaré ouvert le sommet. Et les chefs d’Etat en ont profité pour faire la photo de famille qui immortalise les assises. A cause de la pluie, ils ne pouvaient plus se rendre à l’espace spécialement aménagé pour la photo de famille dans la cour à côté de la salle des Banquets.

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