Azarouk Ag Inabochad, Président du CJA : «Nous avons le droit et le devoir de ne pas cautionner certains actes»

Le Congrès pour la Justice dans l’Azawad (CJA) ne veut pas rentrer en belligérance avec l’Etat mais se réserve le droit et le devoir de ne pas cautionner certains actes.
Les responsables du Congrès pour la Justice dans l’Azawad (CJA), notamment le Président Azarouk Ag Inabochad et le Vice-président, l’honorable Oumar Traoré, étaient face à la presse, le 26 décembre 2016, à l’hôtel Salam de Bamako. Cette conférence de presse visait à donner plus de visibilité à ce mouvement politico-militaire créé le 10 octobre 2016 dont l’assemblée générale constitutive a pris fin le 3 décembre dernier à Razelma (Cercle de Goundam, région de Tombouctou). « La bagarre est terminée, la rébellion est terminée mais la révolution continue…On ne peut pas gérer par procuration les problèmes d’une région. Les gens ne peuvent pas se gérer s’ils ne sont pas proches de leurs problèmes », a lancé le Président du CJA. Azarouk Ag Inabochad dresse un tableau sombre de la situation sur le terrain. « Les écoles et les dispensaires sont éventrées. Il n’y a rien. C’est la désolation. La route Goundam Tombouctou est devenue le triangle de Bermudes. Depuis 19 mois, c’est le statu quo. Rien ne bouge. Le CJA se propose de se poser en acteur prêt à défendre dans le respect de la dignité humaine, les communautés», a justifié le Président du CJA.
Le CJA, selon son Président, compte se positionner comme un partenaire de l’Etat et de toute coopération. « Nous n’avons pas besoin de pourparlers avec l’Etat mais nous avons besoin que l’Etat prenne ses responsabilités pour intégrer ses mouvement dans la mise en œuvre de l’accord. Nous n’avons pas pour vocation la belligérance avec l’Etat et ses institutions, mais nous avons le droit et le devoir de ne pas cautionner certains actes, fussent-ils ceux de l’Etat qui ne respectent pas les dispositions d’impartialité, d’équité, de justice, d’inclusivité de l’Accord de paix au Mali issu du processus d’Alger», a mis en garde Azarouk Ag Inabochad. Selon lui, les régions de Tombouctou et de Taoudemit constituent la zone d’influence du CJA. « Nous ne sommes pas sûrs que nos populations seront servies en premier lieu et correctement. Nous ne sommes pas sûrs que nos combattants seront intégrés en premier lieu et correctement », a-t-il avancé.
Pour l’honorable Oumar Traoré, le CJA est là pour sécuriser les populations qui ont pris des armes pour se défendre contre les agresseurs. « Notre vision, c’est le développement », a laissé entendre le premier responsable du CJA.
Chiaka Doumbia

« J’ai passé cinq jours sans me laver »
Oumar-dit-Gaucher
Vice-président de l’Assemblée Nationale, député élu dans la circonscription électorale de Goundam, l’honorable Oumar Traoré ne porte pas de gants pour dénoncer l’état de développement des zones sous influence du CJA. « C’est la misère et la désolation », s’insurge l’honorable Traoré. Selon lui, tout manque dans ces zones. « J’ai passé cinq jours à Razelma sans me laver parce qu’il n’ya pas d’eau », a-t-il lancé.
C D

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