Le karité dévoile sa valeur économique

Le beurre de karité est désormais utilisé dans l’industrie du chocolat et la cosmétique. Le secteur est en expansion, mais il urge de relever le défi de la gestion durable des arbres à karité qui poussent à l’état sauvage et sont souvent abattus par des exploitants illicites.

Il y a quelques années, les amandes des fruits de l’arbre à karité collectées par les femmes rurales et transformées en beurre ne servaient que dans l’alimentation, les soins de beauté et les rituels. Aujourd’hui, le karité et ses dérivées occupent une place de choix au plan économique.

Une valeur marchande de 120 millions de dollars

Moumouni Konaté, le Président de l’Alliance Globale du Karité, explique que “la ressource se trouve dans près de 15 à 21 pays de l’Afrique, de l’ouest jusqu’à l’est en passant par l’Afrique Centrale, avec environ 16 millions de femmes qui sont à la base de cette production”.

Selon lui, “le karité africain mobilise des acheteurs, des exportateurs, des transformateurs et des industriels”. Mieux, soutient-il, les dérivés du Karité alimentent un marché en croissance, de la restauration à l’industrie de la chocolaterie, en passant par la cosmétique.

Il est difficile d’obtenir directement auprès des acteurs du secteur, des statistiques actualisées sur les exportations ou l’utilisation du karité en Afrique ou hors du continent.

Mais la West Africa Trade and Investment Hub de l’USAID estime à environ 120 millions de dollars, la valeur marchande des amandes exportées d’Afrique en 2012.

La même source ajoute que la demande de beurre de karité en provenance de l’Afrique de l’Ouest a augmenté de 1 200% au cours de la dernière décennie.

Le secteur est en expansion, selon une autre étude menée par un cabinet britannique. Le Docteur Lucia Castro Diaz a contribué à cette étude.

Le marché du karité s’est bien développé sur les 10 dernières années

Malgré l’existence d’un marché en plein essor, les acteurs du secteur sont préoccupés par la gestion durable du parc à karité.

“Pour les exploitants qui exercent dans les milieux ruraux, ce sont les arbres à karité qui sont indiqués pour être coupés afin de faire de la carbonisation, des mortiers et autres. Nous sommes contre l’exploitation des arbres à karité et du Néré parce que c’est une richesse naturelle”, explique Odette Ayedegue, présidente d’une coopérative de femmes productrices de beurre de Karité au Bénin.

De plus en plus, des faîtières et des coopératives aident les acteurs à renforcer la qualité du Karité.

Bob Quenum, Cotonou, BBC Afrique

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