Qui veut donc saboter le procès ?

Les avocats de la défense ayant bénéficié de la solidarité de leurs confrères de la partie civile, ont engagé un bras de fer avec le Parquet général près la Cour d’Appel de Bamako, lequel reçoit des instructions directes du Ministre de la Justice. Un bras de fer qui compromet la tenue d’un procès équitable.
Si la volonté politique de tenir ce procès est réelle, comme l’a affirmé le Procureur général Mamadou Lamine Coulibaly dans son réquisitoire d’ouverture, il n’y a pas de raison qu’on empêche les avocats d’entrer avec leurs téléphones dans la salle. A défaut, on aurait pu leur aménager une salle sécurisée non loin de la salle d’audience afin de faciliter leur travail. Les incidents du vendredi dernier risquent de réconforter un plus, les plus sceptiques qui doutent de la capacité et de la volonté des autorités maliennes à juger les auteurs de ce crime abominable contre 21 jeunes bérets rouges, froidement exécutés et jetés dans une fosse commune. Pour le bon déroulement des audiences, le Ministre de la justice et des droits de l’homme qui dirigerait les opérations depuis son bureau de la Cité administrative, devrait laisser une certaine marge de manœuvre au Parquet général. Le ministre de la justice (un avocat qui a plaidé devant des grands tribunaux nationaux et internationaux) devrait essayer de trouver une solution acceptable pour ses confrères afin d’éviter que d’autres contingences ne viennent empêcher la tenue de cette session supplémentaire. Le bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Seydou Coulibaly, est interpellé face à cette situation.
Même si les conditions sécuritaires continuent de se durcir, il y a un risque de débordement des forces de sécurité dans les jours à venir avec des conséquences incalculables. Selon des échos provenant de la capitale du Kénédougou, l’escorte des accusés a failli être attaquée à la sortie de l’audience, par une dizaine de manifestants qui scandaient des slogans : « Libérez Sanogo ! ». Tout laisse croire qu’il y a des individus mal intentionnés qui ont nourri le dessein de saboter ce procès.
De graves menaces planent sur la sécurité des parties civiles qui ne bénéficient d’aucune protection à part celle de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’homme (FIDH) et de l’Association Malienne des Droits de l’homme (AMDH). A ce rythme, même si des dispositions ont été prises pour les séparer dans la salle d’audience, les représentants des familles pourraient être agressés par les partisans des accusés.
B Siby

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